Le Gabon accélère la reconquête de ses ressources stratégiques. Après le rachat retentissant d’Assala Energy début 2024, le pays poursuit son offensive pétrolière avec l’acquisition des actifs de la compagnie britannique Tullow Oil Plc, pour un montant de 300 millions de dollars. Cette opération, pilier du nouveau nationalisme économique gabonais, est rendue possible grâce au soutien décisif du trader suisse Gunvor, via sa branche Gunvor Middle East, qui a préfinancé 220 millions de dollars.
GOC au cœur d’une stratégie de souveraineté
Au centre de cette stratégie se trouve la Gabon Oil Company (GOC), bras armé de l’État dans le secteur pétrolier. Sa montée en puissance illustre la volonté claire du régime gabonais de reprendre le contrôle de ses richesses naturelles, longtemps sous l’influence de majors étrangères.
Cette acquisition marque un nouveau jalon dans le processus de nationalisation économique engagé après la transition politique d’août 2023. En moins de deux ans, Libreville a renforcé son contrôle sur plusieurs blocs pétroliers stratégiques, renforçant à la fois sa souveraineté énergétique et son pouvoir de négociation sur les marchés internationaux.
Gunvor, discret mais décisif
Déjà partenaire dans l’acquisition d’Assala Energy (800 millions de dollars en février 2024), Gunvor confirme son rôle d’allié financier stratégique du Gabon. S’il reste silencieux publiquement, son implication récurrente démontre une confiance forte dans la stabilité du secteur pétrolier gabonais et dans la vision actuelle de ses dirigeants.
Cette collaboration s’inscrit également dans une tendance plus large, où les grands négociants en matières premières deviennent des acteurs clés de la recomposition énergétique en Afrique, à travers des mécanismes de prépaiement.
Une souveraineté économique encore à concrétiser
Si cette dynamique de reprise des actifs nationaux est saluée par certains comme un acte fort de souveraineté, des interrogations subsistent. Le véritable défi reste de transformer ces acquisitions en croissance inclusive, en revenus budgétaires durables et en développement local tangible.
Les regards sont désormais tournés vers la GOC, qui devra prouver sa capacité à gérer efficacement ces nouveaux actifs, dans un environnement mondial marqué par la volatilité des prix du pétrole et les transitions énergétiques en cours.
Avec le soutien de Gunvor, le Gabon s’arme pour reprendre la main. La question désormais : que fera-t-il de ce pouvoir retrouvé ?


