La mesure tient en quelques lignes, mais son poids politique dépasse largement une simple nomination administrative. Le président gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema, a procédé, mardi 9 septembre, à une recomposition de la trésorerie générale de l’Union démocratique des bâtisseurs. Son frère Aurélien Marcel Mintsa-Mi-Nguema, qui dirigeait jusqu’alors les finances du parti, est remplacé par Luc Aymard Madama Moubeya.
L’acte présidentiel ne formule aucun reproche contre le responsable sortant. La décision n°002/PFPP/DC, rendue publique par le secrétaire général du parti, Mays Mouissi, se contente d’installer une nouvelle équipe sans exposer les motifs du changement. Ce silence entretient les interrogations, mais ne permet pas de conclure à une sanction ou à une rupture politique entre le chef de l’État et son frère.
Le poste concerné reste particulièrement stratégique. Aurélien Marcel Mintsa-Mi-Nguema supervisait une architecture financière alimentée par les cotisations des adhérents, les subventions prévues par la législation ainsi que les dons et legs. Le parti s’était engagé à réserver 60 % de ses moyens aux investissements, contre 40 % au fonctionnement, une répartition qui faisait de la trésorerie un instrument essentiel de son implantation et de son organisation.
La trajectoire diplomatique du désormais ancien trésorier apporte un élément d’explication. Nommé ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Gabon en Inde en février 2026, il a prêté serment le 5 mai avant de s’installer à New Delhi. La distance et les obligations liées à cette fonction rendent vraisemblable un recentrage sur sa mission diplomatique, bien qu’aucun lien formel ne soit établi dans le document présidentiel.
La nouvelle direction financière comprend également Yannick Mefane, désormais trésorier général adjoint n°1, et Alice Princesse Antsiendi Ampindi, nommée adjointe n°2. Christian Marat Gnangué, ancien premier adjoint, ne figure plus dans l’équipe. En imposant une entrée en vigueur immédiate et une diffusion selon la procédure d’urgence, Brice Oligui Nguema donne à cette réorganisation une dimension symbolique : au sein de son parti, aucun poste stratégique ne semble protégé par la seule proximité familiale.


