L’incident dépasse désormais le cadre d’une simple interruption de service. Les perturbations qui affectent depuis plusieurs jours le système de vente d’électricité prépayée EDAN mettent en lumière les vulnérabilités auxquelles restent exposées les infrastructures numériques du service public gabonais.
La SEEG, confrontée à une vague de critiques après l’impossibilité pour de nombreux abonnés de recharger leurs compteurs, a choisi de communiquer directement auprès de la population. Son directeur général, Steeve Saurel Legnongo, a reconnu l’ampleur des difficultés rencontrées et présenté les excuses de l’entreprise.
L’enjeu est considérable. Dans un pays où des milliers de ménages dépendent du système prépayé pour leur accès quotidien à l’électricité, toute interruption du dispositif se traduit immédiatement par des conséquences sociales et économiques importantes. Les commerces, les familles et les petites entreprises figurent parmi les premiers touchés.
Mais la nouveauté réside dans les conclusions préliminaires avancées par la direction. Celle-ci affirme que les investigations menées écartent progressivement la thèse d’un simple dysfonctionnement informatique. Les indices recueillis orienteraient plutôt les enquêteurs vers des actes délibérés ayant visé certains systèmes numériques de l’entreprise.
La SEEG entend désormais conjuguer réparation et prévention. Alors que les usagers attendent le versement des compensations annoncées, l’entreprise promet également de revoir en profondeur l’architecture de ses dispositifs techniques afin de garantir une continuité de service plus robuste face aux risques futurs. Une question devenue centrale pour un opérateur chargé d’un secteur aussi stratégique que l’électricité.


