C’est une injection massive de liquidités que Brice Oligui Nguema veut voir se traduire rapidement dans l’économie réelle. Le président gabonais a annoncé le paiement de 51 milliards de francs CFA de dette intérieure lors d’une rencontre avec la Fédération des Entreprises du Gabon et plusieurs patrons de PME-PMI. Objectif affiché : soulager les trésoreries, éviter les ruptures d’activité, sécuriser les emplois et redonner aux entreprises les moyens de reprendre les investissements. Pour le chef de l’État, il s’agit également d’envoyer un signal : les sociétés privées doivent occuper une place beaucoup plus importante dans la stratégie économique du Gabon.
Le premier décaissement porte sur 21 milliards de francs CFA, correspondant à 1 478 ordonnances de paiement accumulées entre 2022 et 2026. Plusieurs secteurs sont directement concernés : construction, entretien, carburant et fournitures alimentaires. Trente milliards de francs CFA supplémentaires sont prévus pour des créances du secteur forêt-bois et de l’industrie minière. Au total, l’exécutif mobilise donc 51 milliards afin de solder progressivement des factures dues par l’État à ses prestataires. Une opération susceptible de produire un effet immédiat sur les entreprises les plus exposées aux retards de paiement.

Brice Oligui Nguema ne veut cependant pas signer un chèque en blanc. Les créances doivent être contrôlées, documentées et auditées. Les entreprises qui estiment avoir encore des sommes à récupérer sont appelées à saisir les structures compétentes pour faire examiner leurs dossiers. Dans le même temps, le président a donné instruction au gouvernement d’accélérer le paiement de toutes les créances reconnues comme régulières. Le message adressé aux titulaires de marchés publics est tout aussi ferme : l’État doit payer à temps, mais les entreprises doivent, en retour, exécuter leurs contrats avec professionnalisme et transparence.

La séquence prend surtout une dimension stratégique avec la phrase prononcée par le président devant les patrons : « La force d’un État, ce n’est pas l’administration. C’est le secteur privé. » Brice Oligui Nguema leur demande désormais d’utiliser cet argent pour acheter des équipements, développer leurs capacités de production et embaucher, notamment parmi les jeunes. Il veut également voir davantage de PME unir leurs forces pour répondre à des projets plus importants. En clair, l’exécutif veut transformer 51 milliards de francs CFA d’arriérés réglés en un accélérateur de croissance et en un outil pour bâtir un secteur privé gabonais plus puissant.


