Au Palais Rénovation, Brice Oligui Nguema a voulu donner au patriotisme un visage plus proche du terrain. La 17ᵉ Journée nationale du drapeau, célébrée dimanche 9 août à Libreville, a réuni autour du président gabonais et de la Première dame les membres du gouvernement, les forces de défense et de sécurité, les autorités civiles ainsi que des représentants diplomatiques. Mais l’innovation politique de cette édition se trouvait ailleurs : dans la participation remarquée des chefs de quartiers à l’allégeance au drapeau national.
En intégrant ces responsables de proximité au cœur du cérémonial républicain, le chef de l’État envoie un signal sur la place qu’il entend accorder à la gouvernance locale. Les chefs de quartiers constituent en effet un maillon stratégique entre administration, autorités politiques et populations. Leur mise à l’honneur traduit une volonté de renforcer leur légitimité comme acteurs de cohésion, d’information et d’accompagnement des politiques publiques. Le choix rejoint le thème de l’édition : « Un seul drapeau, une nation unie, ensemble bâtissons le Gabon nouveau ».
Brice Oligui Nguema a par ailleurs présidé le renouvellement symbolique de l’engagement des membres du gouvernement et des forces de défense et de sécurité envers la patrie. Dans une scénographie mêlant solennité républicaine, chants et rites du peuple autochtone Baka, le pouvoir a cherché à associer les symboles de l’État à l’identité culturelle gabonaise. Une manière de présenter le drapeau comme le dénominateur commun d’un pays composé de multiples communautés, mais appelé à se reconnaître dans un même projet national.
Depuis son institution le 2 décembre 2009, cette journée poursuit officiellement un objectif de renforcement du patriotisme et de fidélité aux valeurs d’« Union, Travail, Justice ». Mais l’édition 2026 marque une évolution : l’exécutif ne veut plus seulement célébrer le drapeau, il cherche à en faire un outil de mobilisation politique et sociale. Pour Brice Oligui Nguema, la construction du « Gabon nouveau » passe ainsi par une implication simultanée de l’État, des forces de sécurité, des autorités traditionnelles et locales et, au-delà, de chaque citoyen.


