Rarement la question de la parafiscalité aura été abordée avec autant de fermeté au Gabon. Lors d’une réunion organisée au palais présidentiel de Libreville, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a vivement critiqué les mécanismes de prélèvement appliqués par certaines administrations publiques, accusées d’alourdir la pression sur les acteurs économiques tout en échappant parfois à un contrôle rigoureux de l’État.
Cette rencontre a réuni plusieurs hauts responsables administratifs issus des structures intervenant dans la collecte des recettes publiques. Parmi eux figuraient les directions générales du commerce, de l’environnement, des industries, des forêts, de l’élevage ou encore de la circulation routière. Le chef de l’État était entouré des responsables financiers de ces administrations ainsi que du maire de Libreville.

Le président gabonais a dressé le constat d’un système fragmenté, marqué par la prolifération de prélèvements parafiscaux et par l’absence d’une coordination efficace entre les services concernés. Cette situation, selon les autorités, favorise les doublons administratifs, affaiblit la transparence budgétaire et constitue un frein supplémentaire à l’activité économique dans un contexte de recherche de relance et de diversification économique.
Pour remédier à ces dysfonctionnements, plusieurs orientations ont été arrêtées. Le gouvernement devra désormais inscrire tout mécanisme de prélèvement dans un cadre légal clairement identifié par la loi de finances. Les recettes devront être versées exclusivement au Trésor public, appelé à devenir le dépositaire unique des fonds collectés. Le président a également demandé la suppression des taxes et prélèvements jugés illégaux.

Au-delà de l’aspect budgétaire, cette réforme traduit une volonté plus large de restructuration administrative. Les autorités souhaitent créer un service unique chargé de coordonner les contrôles auprès des opérateurs économiques et accélérer la digitalisation des paiements publics. L’objectif affiché est double : renforcer la traçabilité des recettes et restaurer un climat plus favorable aux investissements privés.


