Brice Clotaire Oligui Nguema joue à Port-Gentil une partie qui dépasse largement la seule question immobilière. En donnant le coup d’envoi, le 25 septembre 2026, du programme de 848 logements de LIP Matanda, le président gabonais cherche à prouver que la relance de la capitale économique peut aussi passer par l’amélioration du quotidien de ses habitants. Dans une ville façonnée par le pétrole mais fragilisée par l’insuffisance de logements et d’infrastructures, le projet est appelé à devenir l’un des marqueurs sociaux de son action.

Pour l’exécutif, l’ambition consiste à faire sortir de terre un véritable quartier et non une simple succession de bâtiments. Le programme doit accompagner l’expansion urbaine, améliorer l’offre résidentielle et soutenir la modernisation de Port-Gentil. Cette approche implique toutefois des investissements complémentaires : raccordement aux réseaux, voirie, assainissement, transports et équipements sociaux. Sans ces services essentiels, les 848 unités risqueraient de répondre quantitativement à la demande sans produire la transformation urbaine promise.
L’autre enjeu est économique. L’entreprise chinoise responsable de la construction devra démontrer sa capacité à tenir les exigences de coût, de qualité et de calendrier, tout en intégrant la main-d’œuvre locale. Le ministre de la Fonction publique, représentant son collègue chargé de l’Habitat, a d’ailleurs exhorté les jeunes de Port-Gentil à se positionner sur les emplois et les activités générés par les travaux. Pour les autorités, le chantier doit irriguer l’économie locale, depuis les métiers du bâtiment jusqu’aux fournisseurs de matériaux et aux sous-traitants gabonais.

La cérémonie, ponctuée par un rite Myènè-Orungu et la remise d’une torche traditionnelle au chef de l’État, a permis d’ancrer symboliquement le programme dans son territoire. Reste désormais à franchir l’étape la plus délicate : transformer cette adhésion en confiance durable. Les retards, les malfaçons ou une attribution opaque des logements ruineraient rapidement l’effet politique recherché. À LIP Matanda, Brice Oligui Nguema devra donc démontrer que son volontarisme peut survivre aux contraintes techniques, financières et administratives de l’exécution.


