Le signal est spectaculaire : en trois mois, le Gabon a effacé près de 40 % de sa prime de risque. Son spread souverain est tombé à 689 points de base, contre plus de 1 100 en janvier. Une chute rapide qui traduit un retour massif de la confiance des investisseurs.
Ce repositionnement change concrètement la donne financière du pays. Avec un spread réduit, le Gabon peut désormais emprunter à des conditions nettement moins coûteuses. À titre d’exemple, sur un emprunt d’un milliard de dollars, la différence représente environ 50 millions de dollars d’économies annuelles.
Longtemps perçu comme le profil le plus risqué d’Afrique centrale, le Gabon se rapproche désormais du Congo-Brazzaville et réduit l’écart avec le Cameroun. Un rattrapage rapide qui interpelle les marchés et repositionne Libreville dans la compétition régionale.
Derrière cette amélioration, plusieurs décisions structurantes : la demande officielle d’un programme avec le FMI, interprétée comme un gage de discipline budgétaire, les progrès en matière de gouvernance financière, mais aussi le remboursement stratégique d’un Eurobond de 605 millions de dollars.
Portée au sommet de l’État par Brice Oligui Nguema, cette dynamique vise désormais un cap décisif : passer sous les 600 points de base. À ce niveau, le Gabon pourrait refinancer sa dette à des taux compris entre 8 % et 9 %, contre 12,7 % encore récemment, et attirer les grands investisseurs institutionnels.


