« Que justice soit faite ! » C’est le cri du cœur lancé par Aïda Ayami-Nyonda, la sœur de Lévi Ayami, victime présumée de sévices corporels de la part des agents de la Direction générale des Services spéciaux (DGSS). Lors d’une conférence de presse organisée récemment à Libreville, elle a livré le récit bouleversant d’un Gabonais » lambda » arrêté et maltraité dans une sombre affaire de vol impliquant un gouverneur. Ce dernier a finalement déclaré qu’il n’y a pas eu de vol.
Selon les témoignages de la famille, Lévi Ayami a été soumis à des traitements brutaux : coups de matraque, humiliations répétées et blessures attestées par un certificat médical. Pourtant, le supposé vol, qui a déclenché cette interpellation musclée, aurait été démenti par le gouverneur lui-même, qui a ordonné la fin des violences.
Aujourd’hui encore, la victime est trop traumatisée pour évoquer publiquement son calvaire. Sa sœur a éclaré que » Après avoir failli le tuer, ils s’en sont remis à un simple ‘malentendu’ pour justifier ces violences. «
Face à ce qu’elle qualifie d’utilisation abusive de l’appareil d’État par certains agents de la DGSS, la famille a lancé un appel à la justice gabonaise. Elle a déjà entrepris des démarches auprès de plusieurs instances judiciaires et interpelle le premier gouvernement de la Ve République afin d’obtenir des réponses et un suivi dans cette affaire qui dépasse selon elle le cadre individuel.
Cette affaire met en lumière les dérives possibles des services spéciaux et relance le débat sur la protection des droits fondamentaux des citoyens face aux forces de l’ordre.


