« Chercher à réduire le train de vie de l’État en tapant toujours sur les plus faibles n’est ni social, ni démocratique. Ainsi en est-il de l’idée de supprimer la bourse pour des étudiants gabonais aux USA, au Canada et en France. Première étape ? »
En une phrase, Bilie By Nze, ancien Premier ministre d’un régime qui a méthodiquement appauvri la jeunesse gabonaise, tente une reconversion politique aussi grossière qu’indécente : celle du défenseur des faibles, après avoir servi les forts.
Mais cette déclaration, bien qu’élégamment formulée, est un chef-d’œuvre de duplicité, d’opportunisme et de cynisme politique. Décryptons.
Qui « tape sur les plus faibles » ? Certainement pas Brice Oligui Nguema.
Le Président Brice Oligui Nguema n’a jamais parlé de supprimer les bourses, mais de réévaluer leur destination. Il a soulevé une réalité budgétaire incontestable :
Une bourse aux États-Unis, au Canada ou en France équivaut à dix bourses dans un pays comme le Sénégal, le Maroc ou le Ghana, où l’enseignement est de qualité, mais le coût de la vie bien moindre.
S’agit-il de frapper les faibles ? Non. Il s’agit de redistribuer l’accès aux études supérieures, non pas selon le prestige du passeport universitaire, mais selon l’équité, la rentabilité sociale et la justice géographique. C’est réformer pour inclure, là où l’ancien régime que Bilie By Nze a loyalement servi favorisait une minorité, souvent déconnectée de la nation.
Bilie By Nze, dernier orateur d’un système qui méprisait la jeunesse
Il faut oser une dose exceptionnelle d’amnésie pour que Bilie By Nze acteur central de l’ancien régime Bongo se pose en protecteur des étudiants. L’homme a été :
• Ministre sous un pouvoir qui a supprimé la bourse au secondaire pendant plus de dix ans ;
• Premier ministre d’un gouvernement qui a gelé les concours nationaux, fermé les portes des grandes écoles à une génération entière ;
• Porte-parole d’un régime qui a appauvri l’État, vidé les caisses publiques, mais n’a jamais revalorisé le sort des étudiants, ni les conditions d’étude à l’intérieur du pays.
Où était sa voix lorsque des milliers d’élèves de lycée, des enfants d’agriculteurs, de commerçants, d’enseignants, ont été privés de bourse d’étude au Gabon même ? Où était sa démocratie alors ? Son souci du “social” ?
Aujourd’hui, il redécouvre le peuple, non pas par conviction, mais par opportunisme. Il cherche dans la mémoire courte de l’opinion ce que l’histoire a déjà condamné chez lui : l’absence de vision et de courage.
Ce que défend Bilie By Nze, ce n’est pas la justice, c’est une rente
Sa déclaration n’est pas une défense du peuple. C’est un plaidoyer masqué pour la préservation d’un privilège élitiste : celui de la bourse vers l’Occident. Ce système, opaque, coûteux, peu productif pour le pays, servait une minorité dont la plupart ne revenaient jamais.
Le Président Oligui Nguema, lui, ose poser la vraie question :
À quoi bon financer des études dans les pays du Nord si le Gabon ne bénéficie jamais des compétences formées avec ses propres ressources ?
C’est un choix stratégique, patriotique, de souveraineté. Ce que Bilie By Nze appelle “taper sur les plus faibles” est en réalité une politique de redéploiement équitable, pour que dix jeunes aient une chance, plutôt qu’un seul.
L’indignation opportuniste d’un homme sans héritage
La tentative de Bilie By Nze de se transformer en figure morale ne tient pas. Il incarne la parole tardive, l’indignation après le pouvoir, la vertu sans sacrifice. Il dénonce aujourd’hui les effets des choix politiques qu’il a défendus, voire imposés.
Sa sortie n’est pas une contribution au débat. C’est un acte de sabotage politique, une manœuvre pour ralentir une réforme qui menace les vieilles habitudes, les réseaux d’attribution arbitraire des bourses, les clientélismes anciens.
Oligui Nguema, lui, fait ce que les autres n’ont jamais osé
Ce que Brice Oligui Nguema entreprend, c’est une véritable rationalisation de la dépense publique à finalité sociale. Il ne supprime pas les bourses : il les réoriente vers des destinations africaines, francophones, reconnues, pour construire une élite enracinée, formée à coût maîtrisé, au service de la République.
Il ne flatte pas. Il réforme. Il ne démagogise pas. Il agit.
Là où Bilie By Nze n’a rien changé en vingt ans de carrière, sinon de fauteuils, le Président Oligui Nguema prend des décisions impopulaires pour le confort des puissants, mais nécessaires pour la majorité silencieuse.
L’arrogance du reniement
Bilie By Nze ne défend pas les étudiants, il défend son image.
Il ne s’insurge pas contre une injustice. Il s’accroche à un discours moralisant pour camoufler sa propre faillite politique.
Mais dans le nouveau Gabon, la mémoire est vivace, les bilans sont connus, et les masques tombent.
Qu’il parle moins. Ou qu’il s’excuse d’abord.


