Le président de l’Assemblée nationale de transition a accordé le 14 mai dernier une audience à la délégation de l’ordre des avocats du Gabon conduite par le bâtonnier de Libreville, Maître Raymond Obame Sima. Les échanges ont porté sur l’examen d’une proposition de loi destinée à restructurer l’exercice de la profession d’avocat en République gabonaise.
Dès l’ouverture des débats, le président Ndongou a exprimé plusieurs préoccupations, évoquant notamment les dérives constatées dans le recrutement des juristes. « Il est troublant de constater que certains conseillers juridiques ne sont même pas issus de filières de droit, mais plutôt de parcours administratifs comme celui de l’ENA », a-t-il déploré, avant de pointer du doigt la durée souvent indéterminée des stages professionnels et l’écart salarial significatif entre huissiers de justice et avocats.
Poursuivant sur sa lancée, il a aussi soulevé des questions structurelles et organisationnelles concernant le fonctionnement du barreau, appelant à une réforme en profondeur. Prenant la parole à son tour, Maître Obame Sima a tenu à rappeler les fondements légaux de la profession d’avocat, notamment la loi n°013/2014 du 7 janvier 2015, qui encadre l’exercice de l’avocature au Gabon.
« Cette loi a permis de poser les bases d’un exercice moderne de notre profession. Mais huit ans plus tard, il est impératif de l’actualiser pour répondre aux réalités actuelles », a-t-il expliqué, saluant au passage l’ouverture d’esprit de son hôte, le président Ndongou. « Merci de nous avoir convoqués, de nous prêter une oreille attentive, et surtout de défendre l’amélioration des conditions d’exercice de notre métier. » a signifié Maître Obame Sima
À l’issue de son intervention, le bâtonnier a décliné une série de recommandations, parmi lesquelles la création d’une école nationale d’avocats, avec un accès strictement réglementé par voie de concours. Cela passe par : la redéfinition des conditions d’accessibilité à la profession, la saisie systématique de la Direction Générale de la Recherche (DGR) pour des enquêtes de moralité sur les postulants, la fixation d’un âge limite d’entrée dans la profession à 31 ans, et l’instauration d’un âge plafond pour l’exercice, afin de préserver la qualité de service rendu.
« Il faut encadrer cette étape, car, à un certain âge, les facultés intellectuelles déclinent. Il en va de la crédibilité et de la rigueur de notre barreau « , a-t-il souligné. Les deux parties ont convenu de poursuivre le dialogue, en vue d’un encadrement plus rigoureux et valorisant de la profession d’avocat dans notre Pays.


