A quelques kilomètres de Bitam, au village de Meyo-kyè, les fonctionnaires de l’antenne locale de la gendarmerie nationale ont mis récemment la main sur deux gabonaises, chacune âgée d’une trentaine d’années. Ces dernières avaient dissimulés, dans les serviettes hygiéniques qu’elles portaient, des plaquettes de tramadol,plus connues sous le nom de kobolo, mais également du chanvre.
C’est une histoire rocambolesque que viennent de vivre les gendarmes en poste à Meyo-kyè. Deux copines arrivant de Kyè-Ossie au Cameroun, avaient dans leurs “dessous”, un chargement très peu orthodoxe. Gaina-Vanelle MENGUE M’Ondo, l’une des deux copines, était déjà un visage connu des villages environnants car commerçante exerçant dans les chantiers d’orpaillage. Sauf que visiblement dans l’intention de diversifier son commerce et aider par sa copine, elles avaient décidé de se lancer dans le commerce des stupéfiants.
Dans le but de feindre la vigilance du poste de contrôle, les deux mises en cause ont dissimulé leur cargaison dans des serviettes hygiéniques. Pour parfaire leur dissimulation, les deux jeunes dames ont porté lesdites serviettes hygiéniques. Pour elles,c’était certainement une idée de génie alors. Sauf que c’était sans compter sur l’abnégation et la vigilance des hommes en uniforme.
Arrivées au poste de contrôle, les agents, dans une fouille visiblement très professionnelle et dans les règles de l’art, vont découvrir le poteau rose. Sauf que, semblant appartenir à un réseau bien huilé, les deux mises en cause vont, comme par miracle, réussir à être remises en liberté provisoire par le parquet, et cela en absence des enquêteurs.
Depuis lors, une série de questions alimentent les conversations dans les rues d’Oyem. Comment ces dames ont été libérées avec autant d’aisance ? Pourquoi les enquêteurs n’ont-ils pas été informés? Dans tous les cas, après la découverte énorme de plus d’une tonne de drogue à Libreville, il semble que des réseaux soient implantés en province.
Cet épisode rocambolesque illustre, à sa manière, l’imagination débordante des trafiquants pour échapper aux contrôles. Mais il met aussi en lumière les défis croissants liés au trafic transfrontalier entre le Cameroun et le Gabon, où les substances prohibées se glissent littéralement partout, même là où on les attend le moins.
En attendant, la trouvaille de Meyo-Kyè s’ajoute au palmarès des arrestations mémorables. Reste à savoir si cet acte insolite suffira à éveiller une mobilisation plus ferme contre ce fléau. Une chose est sûre : les gendarmes garderont désormais un œil encore plus attentif… même sur les objets les plus anodins.


