Un tarif abaissé peut ouvrir l’accès à la propriété sans le rendre universel. Au Gabon, l’annonce d’une tarification sociale de 600 000 FCFA pour les parcelles allant jusqu’à 2 000 mètres carrés constitue l’un des principaux leviers de l’accélération foncière impulsée par Brice Clotaire Oligui Nguema. Les coûts antérieurs pouvaient atteindre quatre à six millions de FCFA. La diminution annoncée modifie donc sensiblement les conditions financières de la régularisation, tout en laissant entière la question de la capacité des ménages les plus modestes à réunir cette somme.
Cette évolution tarifaire accompagne la finalisation de 16 000 titres fonciers, présentés au chef de l’État par une délégation conduite par le ministre du Logement, Mays Mouissi. Six mois après les instructions présidentielles, l’opération porte le total national de 33 000 à près de 50 000 titres. L’augmentation représente presque la moitié du volume initial : elle donne une mesure de l’effort administratif annoncé. Elle ne permet cependant pas, faute d’indication sur l’ensemble des besoins, de déterminer quelle proportion des situations à régulariser a été effectivement traitée.

La portée sociale du dispositif tient à la différence entre occuper un terrain et disposer d’un titre qui en formalise la propriété. Pour une famille, cette reconnaissance engage la possibilité de construire avec davantage de sécurité et d’organiser la transmission de son patrimoine. Le foncier se situe ainsi au croisement du logement, de l’épargne familiale et des relations entre générations. En abaissant le coût de la régularisation, les autorités cherchent à réduire une barrière financière qui peut maintenir des ménages à distance de cette sécurité patrimoniale.
Reste à distinguer la finalisation administrative de l’aboutissement du parcours pour l’usager. Le lancement de la distribution, annoncé pour ce jeudi sous le haut patronage du président de la République, doit permettre cette transition. Malinga, Ndendé, Mouyabi, Ovan et Bitam figurent parmi les localités concernées. La remise effective des titres constituera un indicateur essentiel : un dossier achevé dans les services de l’État ne produit pas encore tous les effets attendus tant que son bénéficiaire ne dispose pas du document.

Pour Brice Oligui Nguema, cette séquence engage donc autant la capacité d’exécution de l’administration que l’ambition sociale affichée. Plusieurs milliers de dossiers supplémentaires demeurent en cours de traitement, ce qui impose de prolonger l’effort au-delà du lancement officiel. La réussite du dispositif se jugera sur trois éléments complémentaires : la distribution des titres finalisés, la poursuite du traitement des demandes et l’accessibilité réelle du nouveau tarif. C’est à cette articulation que l’accélération annoncée pourra devenir une amélioration durable de l’accès à la propriété.


