Libreville veut désormais conjuguer diplomatie, santé et sécurité autour d’une même ambition : faire du Gabon un acteur majeur de la médecine humanitaire en Afrique centrale. C’est dans cette logique que le président Brice Clotaire Oligui Nguema a reçu le professeur Denis Mukwege après une session de formation destinée aux médecins militaires gabonais.
Organisée au sein de l’École d’Application du Service de Santé Militaire de Libreville, cette initiative visait à renforcer les compétences des personnels de santé dans la prise en charge globale des victimes de violences. Les formations ont porté sur les dimensions médicales, psychologiques et sociales des traumatismes liés aux conflits.
Médecin mondialement reconnu pour son combat contre les violences sexuelles en République démocratique du Congo, Denis Mukwege a partagé son expérience acquise auprès des survivantes de guerre. Son expertise repose sur une approche intégrée centrée sur la dignité humaine, la reconstruction des victimes et la lutte contre l’impunité.
Les autorités gabonaises considèrent cette coopération comme un outil stratégique de montée en compétence des structures médicales nationales. Elle intervient dans un contexte où les violences sexuelles en période de conflit restent l’un des défis humanitaires les plus préoccupants sur le continent africain, malgré les mécanismes internationaux de protection existants.
À l’issue de la rencontre, Denis Mukwege a salué la vision des autorités gabonaises et encouragé le pays à devenir une plateforme régionale de référence dans la santé humanitaire. Pour Brice Oligui Nguema, cette dynamique participe à la construction d’un Gabon capable de jouer un rôle plus important dans les politiques africaines de paix, de stabilité et de solidarité régionale.
