En convoquant les dirigeants de la SEEG et les représentants de SUEZ le 3 mars à Libreville, Brice Clotaire Oligui Nguema a choisi d’investir personnellement un dossier hautement sensible. Les délestages répétés, qui affectent la capitale depuis des décennies, constituent un défi structurel pour l’État gabonais.
Le président a dressé un diagnostic sévère : mécanismes opaques, fragilités financières, manque de rigueur managériale et absence de transparence envers les autorités comme envers les populations. Cette critique publique traduit une volonté d’assainissement et de rupture avec certaines pratiques anciennes.
Le partenariat stratégique signé avec SUEZ est présenté comme un tournant. Il vise une modernisation technique des infrastructures et une amélioration durable de la production et de la distribution d’eau et d’électricité. Mais le chef de l’État attend désormais des résultats mesurables.
Pour Brice Oligui Nguema, l’enjeu dépasse la seule question énergétique. Il s’agit d’un test de crédibilité pour son projet de transformation de l’action publique. L’accès fiable aux services de base est perçu comme un fondement de la stabilité sociale et du développement économique.
En appelant à une meilleure gouvernance et à la publication des listes des auteurs de fraudes, le président envoie un message clair : la réforme sera conduite avec fermeté. La séquence pourrait marquer un tournant décisif dans la restructuration du secteur stratégique de l’eau et de l’électricité au Gabon.
