Brice Oligui Nguema parie sur une contribution “souveraine” pour relancer les capacités d’investissement du Gabon

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Pour le président gabonais Brice Oligui Nguema, la TFH représente un tournant stratégique dans la manière dont le pays entend financer ses services publics. Dans un climat budgétaire tendu, le gouvernement a choisi une voie qui se démarque des recettes classiques d’austérité souvent encouragées par les institutions financières internationales. Le chef de l’État veut mettre fin à la dépendance aux mesures imposées de l’extérieur et propose une approche centrée sur la souveraineté économique.

Cette souveraineté, explique l’exécutif, commence par la préservation du modèle social national. Refusant de tailler dans les bourses ou les salaires de la fonction publique, Brice Oligui Nguema considère que les économies générées par l’austérité seraient contre-productives, tant sur le plan social que politique. Pour lui, la TFH est un compromis permettant de préserver les acquis tout en mobilisant de nouvelles ressources internes.

L’une des particularités de cette taxe est sa progressivité. L’État veut faire payer davantage les contribuables des zones résidentielles privilégiées, tandis que les familles des quartiers populaires s’acquitteraient d’un montant symbolique. Les zones rurales, quant à elles, seraient exemptées dans un premier temps. Ce choix est revendiqué comme une démarche de justice sociale visant à corriger les déséquilibres entre centres urbains et périphéries.

Les fonds issus de la TFH doivent être alloués à des projets bien identifiés : propreté urbaine, désengorgement des quartiers, bétonnage des voies secondaires et construction de logements sociaux. Le gouvernement cite les expériences de pays comme le Bénin ou le Togo, qui ont su moderniser leurs villes grâce à une fiscalité locale renforcée. Le Gabon veut s’inscrire dans cette dynamique, en mettant l’accent sur des résultats visibles et rapides.

Le choix de confier la collecte à la SEEG revêt une dimension autant technique que politique. Cette solution permet d’atteindre directement une large partie de la population urbaine, y compris ceux qui ne sont pas formellement inscrits dans les circuits fiscaux. Le gouvernement assure que la répartition automatique des recettes entre l’État et les municipalités renforcera la confiance du public, dans un pays où la transparence financière reste un sujet sensible.

Finalement, Brice Oligui Nguema présente cette réforme comme un premier pas vers une économie gabonaise moins dépendante des revenus pétroliers. Pour l’exécutif, la diversification des sources de financement est indispensable pour affronter les fluctuations internationales et bâtir une autonomie budgétaire durable. La TFH devient ainsi un outil à la fois économique, social et politique dans un contexte régional marqué par la recherche d’autonomie financière.

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