Au Gabon, la décision a surpris mais elle était mûrement réfléchie. La Haute Autorité de la Communication a suspendu l’accès aux réseaux sociaux pour endiguer ce que les autorités décrivent comme une spirale incontrôlée de violences verbales et de manipulations.
Dans les cercles gouvernementaux, on parle d’un « point de bascule ». Les attaques répétées contre les institutions, la diffusion massive de fausses nouvelles et les campagnes de dénigrement auraient atteint un niveau jugé incompatible avec la stabilité nationale.
Les autorités insistent sur la dimension protectrice de la mesure. Derrière les écrans, expliquent-elles, se jouent parfois des drames humains : harcèlement, humiliations publiques, pressions psychologiques. Restaurer un climat apaisé serait donc une priorité.
L’État affirme également vouloir envoyer un signal pédagogique : les réseaux sociaux ne peuvent être un espace hors-sol, affranchi des lois de la République. La liberté d’expression demeure, mais elle s’inscrit dans un cadre légal.
Pour le gouvernement, cette suspension marque le début d’une nouvelle ère numérique. Une phase de régulation plus exigeante, destinée à bâtir un espace digital responsable, au service du développement et de la cohésion nationale.
