Brice Oligui Nguema à Yamoussoukro : la mémoire de Houphouët-Boigny au service d’une diplomatie de paix

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À Yamoussoukro, Brice Oligui Nguema a transformé une séquence protocolaire en message politique adressé au continent. En déplacement en Côte d’Ivoire à l’occasion du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance, le président gabonais s’est rendu, mercredi 5 août, dans la capitale politique ivoirienne, accompagné de la Première Dame Zita Oligui Nguema et d’une importante délégation. Cette étape, pensée autour de la mémoire, de la spiritualité et de la fraternité africaine, a donné une profondeur historique à une visite jusque-là dominée par les cérémonies officielles.

Le chef de l’État gabonais s’est d’abord recueilli au mausolée de Félix Houphouët-Boigny, premier président de la Côte d’Ivoire et figure centrale de son histoire contemporaine. Reçu par les autorités administratives, politiques et traditionnelles de Yamoussoukro, Brice Oligui Nguema a salué l’héritage d’un dirigeant qui avait placé la stabilité, le dialogue et la coopération au cœur de son action. Le dépôt d’une gerbe de fleurs, suivi d’un moment de silence au caveau de l’ancien président, a donné à cette visite une forte dimension solennelle.

Cette cérémonie mémorielle a également servi de cadre à la réaffirmation des liens entre Libreville et Abidjan. Brice Oligui Nguema a exprimé sa reconnaissance à Alassane Ouattara pour son invitation aux festivités de l’indépendance, tout en rappelant l’ancienneté des relations politiques, humaines et militaires entre les deux pays. La présence annoncée d’officiers généraux gabonais formés en Côte d’Ivoire souligne notamment le rôle historique joué par Abidjan dans la formation de plusieurs cadres de l’armée gabonaise.

La délégation gabonaise s’est ensuite rendue à la basilique Notre-Dame-de-la-Paix, l’un des monuments les plus emblématiques de Yamoussoukro. Après avoir découvert l’architecture, les œuvres artistiques et les espaces de recueillement de l’édifice, le président gabonais a inscrit dans le livre d’or un appel à la fraternité, au dialogue et à la solidarité. Il y a formulé le vœu de voir les peuples africains demeurer unis au service d’un continent « fort et prospère ».

Au-delà des images de recueillement, cette visite révèle la ligne diplomatique que Libreville entend défendre : renouer avec les symboles fondateurs du continent pour consolider les partenariats présents. En associant l’héritage de Félix Houphouët-Boigny, le dialogue avec les autorités traditionnelles et le message spirituel de la basilique, Brice Oligui Nguema a voulu inscrire le rapprochement entre le Gabon et la Côte d’Ivoire dans une vision plus large de stabilité, de solidarité et d’unité africaine.

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