Mbanié : pourquoi l’accord d’Addis-Abeba ne constitue pas un abandon de souveraineté

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Une confusion persistante accompagne la signature de l’accord conclu entre le Gabon et la Guinée équatoriale à Addis-Abeba. Plusieurs analyses ont présenté ce document comme l’acte par lequel Libreville renoncerait à l’île Mbanié. Cette lecture ne résiste toutefois ni à l’examen du texte ni aux principes du droit international.

L’accord ne modifie pas les effets juridiques de l’arrêt rendu le 19 mai 2025 par la Cour internationale de Justice. Il ne crée aucune norme nouvelle relative à la souveraineté des territoires concernés. Son objet consiste exclusivement à encadrer la coopération administrative et diplomatique nécessaire à l’exécution progressive de cette décision.

La difficulté réside dans la nature même du différend. Celui-ci ne porte pas uniquement sur Mbanié mais sur un ensemble cohérent comprenant la délimitation terrestre, les espaces maritimes et plusieurs îles. Les différents aspects de ce contentieux sont juridiquement liés et ne peuvent être mis en œuvre de manière isolée.

Le document signé à Addis-Abeba répond précisément à cette nécessité de coordination. Il offre aux deux États un cadre institutionnel destiné à faciliter le travail des commissions techniques, des diplomates et des experts chargés de traduire les décisions judiciaires dans les faits.

En assimilant cet accord à une cession territoriale, certains commentaires confondent la phase d’exécution d’une décision de justice avec la création de nouveaux droits souverains. La distinction est pourtant essentielle : le texte organise un processus, il ne redéfinit pas la souveraineté.

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