Le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema a choisi un symbole fort pour illustrer son ambition économique : un port en eau profonde appelé à devenir l’une des principales portes de sortie des ressources minières du pays. Le lancement officiel des travaux de Kobe Kobe, le 8 juin à Nyonie, intervient dans un contexte où Libreville cherche à convaincre investisseurs et partenaires internationaux de la solidité de sa trajectoire économique.
Bien plus qu’un projet portuaire, Kobe Kobe est conçu comme un véritable écosystème industriel. Relié à la mine de Belinga par une infrastructure ferroviaire de 535 kilomètres et alimenté par un barrage hydroélectrique de 400 mégawatts, il doit permettre au Gabon de franchir une étape décisive dans la valorisation de ses ressources naturelles. Cette approche intégrée répond à une logique désormais privilégiée par plusieurs économies africaines : transformer sur place plutôt qu’exporter sans valeur ajoutée.
Le pari est d’autant plus important que le fer de Belinga est considéré depuis longtemps comme l’un des grands potentiels inexploités du pays. Plusieurs gouvernements avaient tenté d’en lancer le développement sans parvenir à réunir les conditions techniques, financières et logistiques nécessaires. En fédérant des partenaires internationaux spécialisés dans les infrastructures, l’énergie, le rail et le négoce, les autorités gabonaises estiment avoir enfin trouvé la formule permettant de concrétiser ce projet historique.
Sur le plan politique, Kobe Kobe constitue également une démonstration de la stratégie portée par Brice Oligui Nguema depuis son arrivée à la tête de l’État. Le chef de l’État met régulièrement en avant la nécessité de bâtir des infrastructures structurantes capables de soutenir une croissance de long terme. Cette vision s’inscrit dans une volonté plus large de diversification économique, alors que la dépendance aux hydrocarbures demeure un défi majeur pour le pays.
Les chiffres avancés donnent la mesure des attentes : 9 000 emplois directs, 100 000 emplois indirects et une capacité de production annuelle de 100 millions de tonnes de fer. Si ces projections se concrétisent, Kobe Kobe pourrait devenir l’un des projets industriels les plus importants d’Afrique centrale et constituer l’un des principaux héritages économiques du mandat de Brice Oligui Nguema.
