L’Afrique centrale tente de convertir son capital écologique en levier géopolitique. Réuni à Brazzaville dans le cadre des Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement, le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema a plaidé pour une refonte de la manière dont la communauté internationale finance la préservation des grandes forêts tropicales africaines.
La rencontre consacrée au Fonds Bleu pour le Bassin du Congo intervient dans un contexte où les États africains cherchent à obtenir davantage de moyens pour accompagner leur transition économique. À travers cette initiative, les pays du Bassin du Congo entendent faire reconnaître le rôle stratégique de leurs écosystèmes dans la régulation climatique mondiale tout en revendiquant une rémunération plus équitable des efforts consentis en matière de préservation environnementale.
Face aux bailleurs, Brice Oligui Nguema a développé un discours articulant souveraineté écologique et développement économique. Pour le président gabonais, la protection des forêts ne peut être dissociée des enjeux sociaux et industriels. Il a ainsi défendu une vision dans laquelle les investissements verts doivent permettre la création d’emplois, le financement des infrastructures et l’amélioration des conditions de vie des populations locales.
Le Gabon cherche désormais à inscrire cette orientation dans une stratégie économique globale. Le Plan national de croissance et de développement 2026-2030 prévoit une diversification accrue de l’économie autour des secteurs liés à l’environnement, au numérique, à l’agriculture et à l’industrialisation durable. Quatre projets prioritaires ont été présentés dans le cadre du Fonds Bleu, notamment sur la restauration des mangroves et la gestion durable des ressources naturelles.
Au-delà des annonces, cette séquence diplomatique traduit également l’ambition croissante de Libreville sur la scène africaine. En multipliant les prises de parole sur les enjeux climatiques, Brice Oligui Nguema cherche à positionner le Gabon comme l’un des interlocuteurs majeurs des négociations environnementales internationales, dans une période où le financement climatique devient un enjeu central des rapports Nord-Sud.
