Avec la Centrale d’Achat du Gabon, Brice Clotaire Oligui Nguema ne se contente pas d’une mesure conjoncturelle : il introduit un outil de politique publique destiné à peser durablement sur la formation des prix dans un pays fortement dépendant des importations.
Piloté par Thierry Minko, le dispositif repose sur une logique d’intervention ciblée de l’État dans les circuits d’approvisionnement. En achetant en volume et en réduisant les intermédiaires, la centrale parvient à proposer des produits de première nécessité à des prix inférieurs d’environ 20 %.
Les baisses observées concernent des segments clés de la consommation : riz, lait, conserves, pâtes, mais aussi viande et produits d’entretien. Cette sélection n’est pas anodine : elle correspond aux postes de dépenses les plus sensibles pour les ménages urbains et périurbains.
Au plan politique, cette initiative permet au pouvoir de matérialiser son discours sur la « reconstruction ». En rendant visibles les effets de son action dans le quotidien des populations, l’exécutif renforce sa légitimité tout en occupant un terrain social historiquement sensible.
Reste que cette réforme soulève des enjeux structurels : équilibre avec le secteur privé, soutenabilité financière, capacité d’approvisionnement à long terme. Si elle est consolidée, la centrale d’achat pourrait devenir un instrument central de la politique économique gabonaise, bien au-delà d’un simple outil anti-inflation.
