“Le Gabon est stable, ouvert et prêt à accueillir le monde.” À Rome, le 31 octobre 2025, le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema a déroulé sa vision d’un pays tourné vers la relance économique. Devant des entrepreneurs italiens, il a multiplié les appels à l’investissement et vanté la stabilité retrouvée du Gabon après plusieurs années d’incertitude politique.
Le chef de l’État s’exprimait lors d’une rencontre organisée par le groupe GKSD Investment Holding, en présence de dizaines de dirigeants d’entreprises italiennes. Objectif : convaincre que le pays d’Afrique centrale est prêt à redevenir une destination sûre pour les affaires. « Que cette rencontre marque une nouvelle étape dans la coopération entre le Gabon et l’Italie », a-t-il déclaré, sous les applaudissements.
Cette visite à Rome s’inscrit dans une stratégie plus large de diversification des partenariats économiques du Gabon. Oligui Nguema devait également rencontrer la Première ministre italienne Giorgia Meloni dans les jours suivants, pour poser les bases d’un accord de coopération bilatérale dans les secteurs de la santé, de l’énergie et des infrastructures.
“Un pays pacifié et prêt à se relancer”
Soucieux de rassurer les investisseurs, Brice Oligui Nguema a insisté sur la stabilité politique du Gabon. Selon lui, le pays “sort d’une transition pacifique et apaisée, sans effusion de sang”. Les élections générales de 2025 ont marqué, a-t-il rappelé, “le retour à l’ordre constitutionnel pleinement établi” à partir du 1er janvier 2026.
Avec 94,85 % des voix et une large majorité parlementaire, le président de l’Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB) estime disposer d’un mandat solide pour lancer son Plan national de croissance et de développement 2026-2030, la feuille de route économique de son quinquennat.
Des projets concrets et une vision industrielle
Le président gabonais a présenté une série de projets structurants destinés à transformer l’économie du pays. Parmi eux : la construction de plusieurs barrages hydroélectriques (Fé 2, Impératrice, Booué), la réhabilitation du réseau ferroviaire avec une nouvelle ligne Booué–Mayumba de 901 kilomètres, et la création d’une ville intelligente baptisée “Libreville 2”.
Dans le domaine de la santé, Oligui Nguema a invité les entreprises italiennes à participer à la construction d’hôpitaux modernes et à la formation du personnel médical. Il a également mis l’accent sur la transformation locale des ressources naturelles, notamment dans le bois, le manganèse, l’or et la pêche.
Des incitations fortes pour attirer les capitaux
Pour convaincre les investisseurs, le président a annoncé plusieurs mesures d’attractivité : protection des capitaux, libre transfert des bénéfices, et titre de séjour de dix ans pour tout investisseur apportant plus de 15 millions d’euros.
Oligui Nguema a aussi mis en avant les partenariats public-privé (PPP) et le modèle “Build, Operate, Transfer” (BOT) comme leviers essentiels pour accélérer le développement des infrastructures et encourager la création d’industries locales.
« Nous voulons désormais que nos partenaires installent au Gabon des unités de production modernes et compétitives », a-t-il insisté, appelant à un modèle d’investissement durable et équilibré.
Un message d’ouverture et de confiance
Avant de quitter la capitale italienne, Brice Oligui Nguema a adressé un message clair à ses interlocuteurs :
« Vous êtes les bienvenus au Gabon, terre d’opportunités, de paix et d’avenir. Ne soyez pas les derniers à venir. »
Cette déclaration marque la volonté du président gabonais de repositionner son pays sur la scène économique internationale. À travers cette visite, il cherche à donner l’image d’un Gabon stable, moderne et prêt à faire des affaires, après une période de transition politique délicate.
Avec ce déplacement à Rome, Brice Oligui Nguema signe un tournant dans la diplomatie économique gabonaise. Reste à savoir si les promesses de stabilité et d’ouverture suffiront à convaincre les investisseurs européens de miser, sur le long terme, sur le “pari gabonais”.
