Gabon : Oligui Nguema tance son ministre de l’Intérieur après les irrégularités du scrutin

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Le chef de l’État gabonais, de retour d’une tournée diplomatique à New York et à La Havane, a convoqué en urgence le ministre de l’Intérieur, Hermann Immongault, au lendemain d’un scrutin entaché d’irrégularités.

Trois jours après les élections législatives et locales du 27 septembre, le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema n’a pas tardé à réagir aux critiques qui ont émergé sur l’organisation du scrutin. Ce lundi 29 septembre, dès sa descente d’avion à l’aéroport international de Libreville, le chef de l’État a convoqué le ministre de l’Intérieur pour une réunion en urgence dans le salon présidentiel de l’aérogare.

Une décision rare et symboliquement forte, qui souligne la gravité accordée par le président aux dysfonctionnements relevés sur le terrain.

Une séquence électorale sous tension

Alors que le scrutin s’est globalement déroulé dans un climat apaisé, avec une participation estimée à 53 %, plusieurs signalements ont fait état de retards d’ouverture de bureaux de vote, d’anomalies logistiques et de tensions localisées, notamment dans certaines circonscriptions sensibles.

Si la majorité des incidents semblent isolés, la présidence n’a pas souhaité minimiser leur impact, d’autant plus que les réseaux sociaux se sont rapidement fait l’écho de ces problèmes, ravivant les critiques sur la solidité du processus électoral.

Une fermeté présidentielle assumée

Selon des sources proches de l’exécutif, l’entretien entre Brice Oligui Nguema et Hermann Immongault aurait été direct, sans concession. Le président aurait exprimé une forte insatisfaction face à ce qu’il considère comme des manquements graves à l’organisation d’un scrutin censé refléter la maturité politique du pays.

Ce rappel à l’ordre marque également une deuxième alerte adressée au ministre, déjà épinglé quelques semaines plus tôt pour des retards dans la mise en œuvre des dispositifs électoraux.

La crédibilité de la 5e République en jeu

Depuis son accession à la tête de l’État, en septembre 2023, Brice Oligui Nguema s’efforce de construire l’image d’un président rigoureux, soucieux de restaurer la confiance dans les institutions et de tourner la page des pratiques opaques du passé.

Les élections législatives et locales de 2025, les premières organisées dans le cadre de la 5e République, sont donc perçues comme un test de crédibilité, à la fois sur le plan national et international. La convocation du ministre de l’Intérieur vient rappeler que la tolérance présidentielle vis-à-vis des dysfonctionnements administratifs est désormais réduite à néant.

Une priorité nationale après une tournée diplomatique

En déplacement à l’international depuis une dizaine de jours, Brice Oligui Nguema a récemment pris la parole à la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies, à New York, avant de se rendre à Cuba pour une visite d’État. Ce retour en urgence sur les questions électorales témoigne de la priorité accordée aux dossiers internes, dans un contexte où l’opinion publique gabonaise attend des résultats concrets de la transition politique en cours.

Le second tour des législatives, prévu dans les prochains jours, devra impérativement éviter toute forme de controverse, au risque d’affaiblir un processus de légitimation que le pouvoir souhaite irréprochable.

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