Le Gabon est devenu le 61e pays à ratifier l’Accord BBNJ, déclenchant son entrée en vigueur. À New York, le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema affirme l’ambition internationale de son pays en matière de protection des océans.
Par sa signature, le Gabon a fait basculer un traité longtemps attendu dans le camp des textes actifs. En ratifiant, à New York, l’Accord BBNJ (pour « Biodiversité au-delà des juridictions nationales »), le pays dirigé par Brice Clotaire Oligui Nguema est devenu le 61e État à s’engager, franchissant ainsi le seuil requis pour son entrée en vigueur. Ce traité, adopté en juin 2023 sous l’égide des Nations unies, vise à réglementer l’exploitation et à renforcer la protection de la biodiversité marine dans les zones internationales, soit plus de la moitié de la surface des océans.
Un rôle déclencheur
Ce geste diplomatique confère au Gabon un rôle clé : sans sa ratification, le traité serait resté en suspens. Il s’agit donc d’un acte fondateur qui assoit la position du pays comme acteur crédible et influent sur les enjeux écologiques globaux. « Le Gabon se pose comme un État moteur, capable de peser sur l’agenda environnemental international », souligne un diplomate africain en poste à l’ONU.
Déjà considéré comme un modèle régional en matière de conservation, avec neuf aires marines protégées, le Gabon renforce par cet engagement sa stature de pionnier. La signature s’inscrit dans une politique plus large portée par le président Oligui Nguema, qui cherche à inscrire son pays dans les dynamiques globales de la transition écologique.
Leadership africain affirmé
Cette ratification intervient dans un contexte où l’Afrique cherche à redéfinir son rôle dans les négociations internationales. Le Gabon, pays forestier et côtier, dispose d’un capital naturel stratégique. Le chef de l’État entend l’utiliser non seulement comme levier de développement durable, mais aussi comme instrument de souveraineté et d’influence.
Depuis son arrivée au pouvoir en 2023, Brice Oligui Nguema a multiplié les signaux d’ouverture vers les institutions internationales, les partenaires multilatéraux et les grands rendez-vous climatiques. Ce positionnement diplomatique s’inscrit dans une stratégie de reconstruction de l’image du pays après une période de transition politique.
Vers une mise en œuvre concrète
L’entrée en vigueur du traité BBNJ ouvre désormais la voie à la mise en place de mécanismes concrets de régulation, notamment autour du partage des ressources génétiques marines, de la création d’aires marines protégées internationales et de l’évaluation des impacts environnementaux des activités en haute mer.
Pour le Gabon, l’enjeu sera aussi de traduire cette dynamique en actions nationales et régionales, dans un contexte de pressions économiques et sociales. Mais le signal envoyé est clair : le pays entend jouer un rôle structurant dans les négociations environnementales de demain.
