Il a tout perdu. Sa liberté, sa santé, sa vue. Pendant ce temps, ses geôliers, les Bongo se pavanent en donneurs de leçons.

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Le 15 juillet 2025, Grégory Laccruche brise un silence long de quatre années. Un silence forcé, imposé par la violence d’un régime qui, au lieu de juger, préférait enterrer les hommes vivants. Dans une lettre publique glaçante, il raconte l’enfer qu’il a traversé. Et il désigne, sans trembler, les vrais responsables : Sylvia Bongo, Noureddin Bongo. Ceux-là mêmes qui, aujourd’hui, se posent en martyrs.

Ce témoignage n’est pas une simple mise au point. C’est un cri. Un cri venu du fond d’une cellule où le droit n’existait plus.

“Je n’étais plus un homme, j’étais une arme pour faire plier mon frère.”

Tout commence en novembre 2019. Grégory refuse de trahir son frère Brice. Trois jours plus tard, il est arrêté. Aucun dossier. Aucun procès. Aucun droit. Juste la punition.

Il est enfermé dans une cellule sans lumière, 24h sur 24. Il y perd la vue. Il est privé de soins, de visites, de contact humain. Il est seul, et il souffre. Pendant ce temps, le clan Bongo vit dans l’opulence, distribue la terreur en silence et instrumentalise la justice comme une machette.

Sa mère fait un AVC. Son frère tombe malade. Et lui, on le laisse pourrir.

Les conséquences ne sont pas que physiques. Elles sont familiales, humaines, intimes. Sa mère est terrassée par le chagrin. Son frère, pilier d’une famille disloquée par l’arbitraire, tombe malade. Lui-même est à deux doigts de mourir.

Et pourtant, rien ne les arrête. Pas un geste de pitié. Pas un sursaut d’humanité. Il faut briser, écraser, soumettre.

Et maintenant, ils pleurent. Ils crient à la persécution. Ils veulent notre compassion.

Aujourd’hui, Sylvia Bongo et son fils Noureddin se posent en victimes. Ils se présentent comme des prisonniers d’un système qu’ils ont bâti, nourri, protégé. Ils exigent justice après avoir bâillonné tout un pays.

Mais Grégory Laccruche refuse cet effacement. Il refuse qu’on oublie qui a mis en marche la machine de répression. Il refuse qu’on inverse les rôles pour mieux maquiller les crimes.

“Ils n’ont pas défendu la justice. Ils l’ont utilisée comme une arme.”

Dans sa lettre, il ne cherche pas la vengeance. Il cherche la vérité. Il rappelle que l’ONU l’avait reconnu prisonnier politique dès 2020. Que des plaintes ont été déposées, notamment en France. Mais tout le monde fermait les yeux. Le régime Bongo régnait encore. L’impunité était reine.

Aujourd’hui, la roue a tourné. Mais la mémoire doit rester. Et les comptes, eux, ne sont toujours pas soldés.

Sans l’intervention du Président Oligui Nguéma, il ne serait plus en vie.

Grégory le dit clairement. Si le président de la Transition n’était pas intervenu, il serait mort. Cette reconnaissance ne l’empêche pas de réclamer que justice soit rendue. Car son calvaire n’était pas une erreur. C’était une stratégie. Un plan froidement exécuté.

Et il veut que le monde le sache.

Ceux qui faisaient taire, aujourd’hui hurlent. Ceux qui tuaient la vérité, la réclament à grands cris.

Grégory Laccruche n’a pas été libéré par bonté. Il a été arraché à l’oubli. Et il revient non pas pour se venger, mais pour dire ce que beaucoup n’ont pas pu dire. Il est la voix de ceux qu’on a humiliés dans le silence. De ceux qu’on a sacrifiés sur l’autel du pouvoir dynastique.

“Je n’ai rien oublié.” Et le Gabon non plus.

Ce n’est pas juste une lettre. C’est un acte de mémoire. Un refus de l’amnésie. Une déclaration de guerre à l’oubli volontaire. Ce que Grégory Laccruche vient de faire, c’est ouvrir une brèche. Celle par laquelle d’autres victimes prendront la parole. Celle par laquelle la vérité, enfin, circulera librement.

Ceux qui ont causé tant de douleur ne peuvent pas fuir leur passé.
Ils devront répondre. Même s’ils pleurent.

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