Brice Oligui Nguema à l’offensive : vers une reconquête stratégique de l’espace foncier gabonais

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Ce mercredi 11 juin 2025, Brice Clotaire Oligui Nguema a franchi un nouveau cap dans sa volonté de restaurer l’autorité de l’État. En recevant, au Palais présidentiel, les responsables du Ministère de l’Habitat, du CESE et de l’ANUTTC, le Président de la République a placé le foncier au cœur d’une bataille politique plus vaste : celle de la légitimité, de l’ordre républicain et de la justice sociale.

Une opération technique aux implications politiques majeures

L’objet de la rencontre – la reprise administrative des terrains du domaine public – peut sembler d’ordre purement opérationnel. Il n’en est rien. Derrière la technicité du projet, se dessinent plusieurs enjeux fondamentaux : l’efficacité de l’État, la moralisation de la gestion du territoire, la rupture avec un système clientéliste, et la redéfinition du rapport entre citoyens, institutions et espace public.

La future Cité administrative et la voie de contournement Jeanne Ébori – ancienne Sobraga ne sont pas de simples infrastructures. Elles symbolisent une volonté de reconfigurer durablement l’organisation du pouvoir, la mobilité urbaine et la présence de l’État dans l’espace.

En ordonnant le démarrage immédiat des travaux, le Chef de l’État affirme une posture de gouvernance directe, fondée sur l’action, l’efficacité et le rejet du pilotage bureaucratique traditionnel.

Foncier : un champ de tension historique

Le foncier au Gabon est depuis longtemps un terrain miné. Spéculations, ventes illégales, occupations arbitraires, collusion entre fonctionnaires et intérêts privés : la question dépasse le cadre urbanistique. Elle touche à la souveraineté, à la justice, et à la confiance citoyenne.

En annonçant l’ouverture d’enquêtes pour identifier et punir les auteurs de pratiques illégales, le président envoie un signal politique clair : l’ère de l’impunité foncière est révolue. Ce positionnement n’est pas sans risque : il remet en cause des réseaux bien installés, potentiellement puissants, dans l’administration et les élites locales.

Un président sur le terrain : symbolique forte, méthode nouvelle

Le déplacement personnel du Président sur le site concerné – à la suite d’informations sur la présence supposée de sans-abri – est un acte politique fort. Il rompt avec la distance souvent reprochée aux élites. Il renvoie l’image d’un leader vigilant, connecté à la réalité, et soucieux de vérifier par lui-même l’exécution des décisions.

Mais il y a plus : ce geste désamorce un potentiel levier de contestation sociale, en montrant que les populations déplacées ne sont ni ignorées ni sacrifiées sur l’autel du développement. Il rassure, tout en consolidant l’image d’un pouvoir à la fois ferme et humain.

Une stratégie de consolidation du pouvoir

Au-delà des faits, cette séquence révèle une stratégie cohérente : Brice Oligui Nguema cherche à asseoir sa légitimité par l’action visible, la moralisation de la vie publique et la reprise en main des leviers de souveraineté – au premier rang desquels figure la terre. La gestion du foncier devient ici un instrument de reconquête politique : reconquête de l’autorité de l’État, du respect des lois, mais aussi de l’adhésion populaire.

En imposant l’ordre dans un secteur historiquement opaque, le président entend démontrer que son projet de refondation ne se limite pas au discours. Il s’incarne dans des actes, des arbitrages tranchés et des lignes rouges désormais infranchissables.

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