Le ministre de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations chargé de la Lutte contre la Vie chère, Henri-Claude Oyima, a ordonné récemment la suspension immédiate de tous les paiements relatifs aux baux administratifs au Gabon, une décision motivée par une dérive budgétaire alarmante dans ce secteur.
Selon les chiffres officiels, entre 2013 et 2025, les dépenses annuelles de l’État liées aux loyers administratifs ont explosé, passant de 6,7 milliards FCFA à plus de 25 milliards FCFA, soit une augmentation moyenne annuelle de 37,48 %. Cette flambée s’est accompagnée d’une dette cumulée dépassant 67 milliards FCFA, dont 28,3 milliards FCFA d’arriérés de paiement. Cette situation pèse lourdement sur les finances publiques et menace la soutenabilité budgétaire.
Plusieurs facteurs expliquent cette dérive, entre autres, la création anarchique de nouvelles entités administratives, l’absence de financement pour la réhabilitation des bâtiments publics, le manque de constructions neuves, ainsi que la démolition de la Cité de la Démocratie, ancien siège de plusieurs institutions internationales. Le ministre dénonce également une gestion peu rigoureuse, voire » peu orthodoxe « , des budgets alloués, qui a favorisé une inflation incontrôlée des loyers malgré un encadrement réglementaire strict.
Face à cette situation, Henri-Claude Oyima a décidé de geler tous les paiements en attendant la réalisation d’un audit complet portant sur les conditions d’attribution, de renouvellement et de conformité des contrats en cours. L’objectif est de mettre en lumière d’éventuelles irrégularités telles que des surfacturations, des contrats sans base légale ou des loyers abusifs, afin d’assainir la gestion des ressources publiques.
Parallèlement, le gouvernement prévoit d’accélérer la réhabilitation du patrimoine immobilier de l’État et de lancer des projets structurants, comme la construction d’une Cité administrative à Plaine-Orety, pour réduire la dépendance locative et maîtriser les coûts à long terme.
