Au lendemain de l’annonce de la démission collective de certains cadres du Parti démocratique gabonais (PDG) dans le Woleu-Ntem, le porte-parole dudit parti, Darlène Boukandou Nzamba, et plusieurs voix discordantes de cette dormation politique se sont élevées estimant avoir été abusées par leurs camarades du parti. Ces voix condamnent cette « démarche unilatérale et intéressée « .
A la suite de cette annonce, le Parti démocratique gabonais (PDG), via son porte-parole, Darlène Boukandou Nzamba avait précisé que ces cadres n’ont pas respecté le Manuel de procédures entre autres les dispositions des articles 53 et 54. » La démission est individuelle et toute démission collective est irrecevable. », article 43, et » tout militant démissionnaire doit déposer sa lettre de démission auprès du Secrétaire fédéral de son comité, avec accusé de réception faisant foi », article 54.
Quant à ces militants du Woleu-Ntem abusés par l’attitude de leurs camarades et cadres du parti, dans leur déclaration 10 mai 2025, plusieurs autres cadres et militants du Parti démocratique gabonais (PDG) de la province du Woleu-Ntem ont tenu à éclarer l’opinion sur leur position face à ce qu’ils qualifient de » manœuvre solitaire et maladroite « . Cette sortie fait suite à la déclaration de la veille, où un groupe de figures locales du parti annonçait leur démission collective, prétendant agir au nom de tous les cadres du PDG de la province.
Ces militants se sont exprimés avec vigueur. » Il n’y a pas eu de concertation. Nous avons été convoqués sans être informés de l’objet réel. C’est une mise en scène qui nous a pris de court « , s’est insurgé l’un des membres présents lors de la réunion de vendredi. François Ongo Assomou, membre du Conseil national, n’a pas caché sa colère : « Ils ont parlé en notre nom sans mandat. Nous ne nous reconnaissons pas dans cette déclaration. C’est une trahison. »
Pour ces militants, la démarche de leurs anciens camarades est à la fois « précipitée » et « intéressée ». Ils dénoncent une volonté manifeste de jeter le trouble dans les rangs du PDG au moment même où le président laise Louembe affiche une volonté de transformation du parti en un mouvement politique plus en phase avec les aspirations de la jeunesse. » Comment comprendre que ceux censés encadrer cette jeunesse soient ceux qui sèment la confusion ? », s’interrogent-ils.
Plus profondément, ces militants estiment que cette démission collective n’est qu’un prétexte pour servir des ambitions personnelles. « Qui a trahi, trahira. Hier, ils chantaient les louanges du régime déchu, demain ils feront de même avec leurs nouveaux hôtes », ironise l’un d’eux, citant le proverbe selon lequel » le serpent, malgré sa mue, reste venimeux ».
Ils ont balayé également les accusations implicites d’un manque de soutien au candidat Oligui Nguema ancien président de la transition. À leurs yeux, le PDG a clairement soutenu la candidature d’Oligui Nguema, qui a recueilli 94,85 % des suffrages. » Rien dans la conduite du parti ne justifie cette mise en scène », assurent-ils. Les intervenants ont appelé à la responsabilité collective pour éviter un » recul démocratique « . Selon eux, cette scission orchestrée menace les acquis des luttes politiques depuis 1990. « Ressaisissons-nous, fils et filles du Woleu-Ntem. Ce mauvais rêve doit s’arrêter ici. »
Par cette contre-déclaration de ces cadres restés fidèles au PDG, ils cherchent à préserver l’unité provinciale et à réaffirmer leur engagement dans le processus de refondation impulsé au sommet de l’État. « Chacun doit parler en son nom. Qu’ils partent seuls, sans salir l’image du parti ni de notre province « , concluent-ils.
