Brice Oligui Nguema, actuel président de la Transition du Gabon, a eu un parcours atypique et exceptionnel à la tête du pays durant ces 18 mois. Officier militaire de haut rang, il a occupé plusieurs postes de responsabilité dans l’armée gabonaise, y compris celui de chef d’état-major de la Garde républicaine. Son ascension dans l’armée, ainsi que ses liens étroits avec le pouvoir militaire et politique, lui ont permis de jouer un rôle clé lors de l’événement historique du coup d’État de 2023, qui a renversé le président Ali Bongo Ondimba.
Le 30 août 2023, après l’annonce de la réélection contestée d’Ali Bongo, Oligui Nguema a dirigé le coup d’État militaire qui a mis fin à plus de 56 ans de règne familial des Bongo. Cette action, bien que controversée sur la scène internationale, lui a valu une large popularité au Gabon, notamment en raison de son rôle de « libérateur » du régime Bongo, jugé autoritaire et dynastique. Il a rapidement consolidé son pouvoir et a été désigné président de la transition.
Après sa prise de pouvoir, Oligui Nguema a initié des réformes constitutionnelles qui ont modifié en profondeur le système politique du Gabon. Il a fait adopter une nouvelle constitution en novembre 2024, réduisant les prérogatives du président, mais également réintroduisant des critères d’éligibilité stricts. Il a également promis des élections libres et transparentes, tout en ouvrant un dialogue national avec toute la classe politique nationale.
En tant que dirigeant militaire, Oligui Nguema bénéficie d’une image de force et de stabilité. Sa popularité est en grande partie due à l’espoir qu’il incarne pour une modernisation du pays et une lutte contre les inégalités sociales. Son action dans la réorganisation des institutions et la gestion des ressources naturelles pourrait également jouer en sa faveur.
Conscient de l’espoir qu’il inspire et en bon leader, il a fait le choix de se présenter à l’élection présidentielle d’avril prochain en tant qu’indépendant. La stratégie est claire, rassembler autour de lui toutes ces voix qui viennent de partout. Le Rassemblement des Bâtisseurs (RDB) qu’il a initié il y a quelques jours ramène déjà autour de sa candidature, plus de 1.200 associations et groupements politiques. Toutes ces personnes sont convaincus, au regard de ses réalisations pendant 18 mois, que le Gabon peut atteindre certains objectifs de développement structurant multi sectoriel.
Bien qu’il ait consolidé son pouvoir après le coup d’État, affectueusement appelé « coup de libération », et qu’il soit le favori pour l’élection présidentielle d’avril 2025, son parcours est loin d’être exempt de critiques. Certaines organisations internationales et des opposants le qualifient de dirigeant autoritaire, et la transition vers un régime démocratique pourrait rencontrer des obstacles.
