Dans le cadre de son engagement en faveur de la conservation et du développement durable, l’UNESCO, en collaboration avec le Ministère gabonais des Eaux et Forêts, a mené récemment une mission conjointe. Cette initiative s’inscrit dans l’objectif global défini par la 41e Conférence générale de l’UNESCO en 2021 : protéger 30 % de la planète d’ici 2030 en érigeant des aires protégées.
La mission qui s’est achevée cette fin du mois s’est concentrée sur la co-construction d’une nouvelle réserve de biosphère autour du Parc National de l’Ivindo (PNI), une aire protégée emblématique du Gabon, reconnue pour sa biodiversité exceptionnelle. Elle a mobilisé 181 participants issus de 10 localités riveraines du parc, avec une priorité donnée à la sensibilisation des communautés locales. L’objectif était de démontrer les bénéfices économiques, sociaux et environnementaux d’une réserve de biosphère et impliquer les populations dans toutes les étapes du processus.
Un des temps forts de la mission a été le zonage participatif de la future réserve de biosphère, réalisé grâce à la collaboration des experts du Comité national MAB (Man and the Biosphere), du Ministère des Eaux et Forêts et des communautés locales. Ce travail a permis de définir les zones d’utilisation durable, les aires tampons et les espaces de conservation stricte. Ce zonage constitue une étape clé pour répondre aux attentes locales tout en respectant les engagements internationaux du Gabon, notamment dans le cadre de la Stratégie de Séville et des critères du Réseau mondial des réserves de biosphère.
Les consultations ont mis en lumière des défis majeurs, tels que les conflits homme-faune, exacerbés par les incursions d’éléphants dans les cultures, et le sentiment de marginalisation face aux décisions des autorités de gestion et des exploitants forestiers. Les populations locales ont également exprimé des besoins pressants en infrastructures de base (eau potable, électricité, écoles, centres de santé) et en équipements pour moderniser leurs activités économiques (agriculture, pêche, transformation des produits locaux).
Par ailleurs, les femmes et les jeunes, moteurs du développement local, ont formulé des demandes spécifiques. Les femmes souhaitent des outils pour leurs activités de transformation, tandis que les jeunes demandent des formations techniques et des opportunités économiques adaptées.
Cette mission conjointe marque un tournant vers une gestion inclusive et durable des ressources naturelles dans la région du Parc National de l’Ivindo. Les aspirations des communautés locales témoignent d’une volonté de développer des pôles économiques dynamiques, en valorisant les ressources locales et en mettant en avant le potentiel éco-touristique de la région.
L’UNESCO et ses partenaires s’engagent à accompagner ces efforts à travers des partenariats solides, des investissements ciblés et des initiatives de formation. Une telle démarche permettra non seulement de concilier conservation et développement, mais aussi de garantir une adhésion durable des populations locales, essentielle pour la réussite du projet.
