Les habitants vivant au quartier Marseille 2 dans la commune d’Akanda, ne semblent pas du tout satisfaits par la construction d’une centrale à béton par la société Megador. Lors d’une consultation publique le 10 octobre dernier, les riverains ont dénoncé les nuisances environnementales et sanitaires provoquées par lesdits travaux qu’ils subissent déjà, alors que le projet n’est qu’à sa phase de mise en conformité. Des enquêtes sont en cours pour apaiser les tensions.
Megador est une entreprise spécialisée dans la fabrication et la livraison d’éléments en béton. Elle a entamé un projet de construction d’une centrale à béton dans la zone de Marseille. Ce projet de construction se compose de deux immeubles (R+4 et R+2), deux centrales à béton et une usine de production de briques industrielles. Cependant, le chantier est querellé par les riverains, qui dénoncent des nuisances depuis son démarrage.
A côté de ces nuisances, les populations de Marseille 2 sont victimes de vagues de poussière provoquées par la tonne de ciment utilisée le bruit constant, des eaux polluées par des déchets industriels et des nuisances qui dégradent leur qualité de vie. Pour répondre à toutes ces difficultés une consultation publique a été organisée par le délégué spécial chargé de la gestion de la commune d’Akanda à l’Hôtel de ville. La rencontre avait pour but de «rassurer la population» et fournir des garanties quant à la mise en conformité du projet avec les normes environnementales.
En dépit de cela, Juste Alain Mbouity, un habitant de Marseille 2, a exprimé son mécontentement : « Je ne suis pas satisfait du tout. Nous avons été conviés pour débattre d’un projet alors que nous ne sommes plus au stade projet puisque l’usine est déjà en exploitation. On nous parle des choses qui devraient être mises en place alors qu’elles sont déjà mises en place». Selon lui, les habitants attendent «toutes les garanties possibles de la mise en conformité de cette usine », afin de préserver leur santé.
Cette consultation, a été l’occasion pour Roland Mba Beka, ingénieur en environnement et responsable du cabinet E.T. Environnement chargé de l’étude d’impact de l’entreprise Megador, d’expliquer qu’: «aujourd’hui, nous étions en consultation publique conformément aux dispositions du Code de l’environnement qui voudrait que la population environnante et les parties prenantes administratives soient associées au processus de l’étude d’impact pour recueillir les avis et les préoccupations de la population afin de trouver des solutions et des mesures adéquates qu’on devrait insérer non seulement dans l’étude mais également dans le plan de gestion environnementale.» Il est question d’intégrer les préoccupations des résidents dans la gestion des impacts environnementaux du projet.
Virginie Zue Moto, directrice provinciale de l’Estuaire au Ministère de la Planification et de la Prospective, a souligné l’importance d’associer les experts dès le début des projets pour éviter des problèmes similaires à l’avenir : « Nous souhaiterions que, à la longue, lorsque ces projets d’envergure sont lancés ici et là, qu’on intègre ou associe les sectoriels qui ont l’expertise pour pouvoir éviter ces dérapages-là ».
Les enquêtes qui seront menées sur le site par l’administration ont pour but de régler le conflit entre l’entreprise et les habitants dudit quartier. Leur objectif est de veiller à la sécurité des populations et d’identifier les mesures correctives nécessaires. Il ne s’agira pas de délocaliser l’usine, mais plutôt d’adopter des solutions qui permettraient de réduire les nuisances dénoncées par les riverains.
